Mesure du stress et des risques psychosociaux


Les risques psychosociaux

Dans l'introduction du "Rapport sur la détermination, la mesure et le suivi des risques sociaux au travail" remis à Xavier Bertrand le 12 mars 2008 on peut lire :

"Les risques psychosociaux posent des problèmes difficiles car ils prennent naissance là ou les comportements psychiques individuels entrent en symbiose avec les comportements sociaux les plus complexes : ceux des hommes au travail." 

"Ces questions mobilisent les théories, les connaissances, les réflexions des chercheurs qui travaillent dans les champs de la médecine, de la sociologie, de l'ergonomie, de l'anthropologie…et la vaste somme des expériences de terrain accumulées par les partenaires sociaux qui se heurtent sur le lieu de travail à l'apparition de ces risques"

Deux grandes séries de difficultés se présentent pour quiconque veut travailler sur le sujet : d'une part, le niveau de conscience de l'existence de ces risques, la sincérité des interrogations quant à la meilleure manière de les prévenir et de les guérir ou réparer, la volonté d'avancer concrètement vers des solutions et, d'autre part, l'absence de consensus sur l'identification des causes des risques psychosociaux, sur la mesure de leur occurrence et a fortiori sur les sens des actions qui pourraient être entreprises pour les prévenir, guérir ou réparer.

Le rapport de l'Observatoire Européen des Risques de l'Agence Européenne de Santé et de Sécurité au Travail, confirme que les importants changements survenus dans le monde du travail ces dernières décennies ont entraîné l'émergence de risques nouveaux dans le domaine de la sécurité et de la santé au travail : les risques psychosociaux, à côté des risques physiques, biologiques et chimiques.

Ces risques psycho-sociaux font référence à de nombreuses situations : stress, harcèlement moral, violence, souffrance, suicide, dépression, troubles musculo-squelettiques…

Définition du stress professionnel

Le terme "stress" dans son sens le plus ancien vient de estrece qui signifie étroitesse, oppression venant du latin stringere qui signifie étreindre, lier, serrer, blesser.

Le sens et l'emploi de ce terme ont subi des évolutions au fil des siècles. Au XVIIe, son utilisation renvoyait à l'idée d'oppression, de dureté de vie, de privation, de fatigue, d'adversité, de peine ou encore d'affliction. Au XVIIIe, son approche relevait du champ physique en suggérant une notion de force, de pression, de contrainte, d'influence, un grand effort de la matière, des organes mais déjà évoquait une pression exercée sur le psychisme.

Son emploi s'est étendu à la sphère médicale en 1963 grâce à Selye qui a développé le concept de syndrome général d'adaptation (SGA), concept qui envisage le stress comme une réponse à un environnement et qui aborde la notion d'homéostasie c'est-à-dire la recherche d'une situation d'équilibre.

Le stress peut se définir comme une transaction entre un individu et son environnement.

Son niveau dépend à la fois des caractéristiques de l'individu (faculté d'adaptation, histoire personnelle, type de personnalité, culture…) mais également de son environnement (fréquence des situations engendrant le stress et amenuisant le capital d'adaptation de l'individu qui n'est pas infini, latitude d'intervention laissée à l'individu par l'organisation, pressions de l'organisation…) mais aussi de l'auto-évaluation de la capacité à faire face aux situations rencontrées.

L'observation du stress relève à la fois du champ médical, psychologique et sociologique.

Le stress naît lorsque les exigences et les contraintes de l'organisation dépassent la capacité de résistance de l'individu ou ne lui assurent plus un retour suffisamment valorisant sur le plan identitaire pour le protéger du stress (une personne mise au placard est exposée à une forte souffrance). Ce ne sont ainsi pas les contraintes du travail qui créent le stress mais c'est le coût de ces contraintes pour l'individu qui vont faire que le stress sera gérable ou pas :

  • Un individu est plus ou moins armé pour faire face aux contraintes qui lui sont imposées.

  • L'organisation nourrit plus ou moins sa capacité de résistance (il y a des facteurs qui protègent du stress, des facteurs organisationnels qui conduisent au stress).

  • L'organisation expose plus ou moins la personne au stress.

  • Les facteurs de stress se répètent plus ou moins et s'ils persistent vont conduire la personne plus ou moins vite vers un stress délétère, les capacités de résistance d'une personne n'étant pas inépuisables.

A partir de là, on sait que l'organisation, qui ne peut être parfaite et correspondre totalement aux besoins de l'individu, et ne l'a jamais été, n'en a pas moins une responsabilité évidente en matière de risque psychosocial (qui englobe l'ensemble des facteurs de stress).

Les conséquences du stress

Les symptômes physiques du stress peuvent affecter de façon importante l'équilibre psychologique et le fonctionnement d'un individu :

- Indécision.
- Prises de décision irrationnelles.
- Erreurs fréquentes.
- Importance exagérée accordée à des détails.
- Manque de concentration.
- Manque d'esprit de coordination.
- Mémoire défaillante.
- Incapacité à remémorer un événement récent.
- Jugement erroné sur les gens et les situations.
La mesure du stress professionnel et des risques psychosociaux

Comme nous l'avons précisé, le stress professionnel nait de la rencontre entre les ressources d'un individu et les contraintes de son environnement de travail. Afin de prévenir l'apparition du stress, nous disposons d'instruments de mesure permettant d'identifier quelles sont les catégories de salariés les plus exposées au stress (grâce à une comparaison avec une base de près de 50 000 enquêtés) mais aussi de déterminer quelles sont les sources de stress potentielles dans chaque organisation..